—Qu'avez-vous, cher maître? fit Zozé d'un ton de sollicitude.
—Rien, rien, chère madame!...
Oh! presque rien—rien que d'avoir distingué à l'extrémité de la rue un certain balancement d'épaules, de certaines enjambées martiales, l'oncle Cyprien tout simplement qui marchait droit sur la voiture avec des moulinets de sa grosse canne en bois de cornouiller rougeâtre.
M. Raindal, à ce moment, envia la demeure reculée de feu Rhanofirnotpou. Que n'était-il au plus profond de l'hypogée, dans le serdab obscur, dans la cellule murée de ciment, au lieu de se trouver dans cette case à vitres, avec cette jeune jolie dame qui le harcelait de prières!
—Vous ne voulez pas vraiment, mon cher maître?... Je vous assure, ce ne serait pas régulier... Vous fixeriez les heures, les jours!...
—Je cherche, je cherche! répétait-il machinalement, tandis que ses regards suivaient attentifs la marche rapide de l'ennemi.
L'oncle approchait cependant. Ses traits se précisaient. Il atteignait à la voiture. Il examina le coupé, au passage, d'un œil en même temps dédaigneux et méfiant; puis, sans s'arrêter plus, il entra dans l'allée. M. Raindal, inconsciemment, poussa un soupir de délivrance; et la main tendue vers Mme Chambannes:
—Au revoir, chère madame... Je réfléchirai, je vous écrirai...
Zozé eut une moue de désappointement:
—Et moi qui espérais votre réponse tout de suite!