—Alors, voici ma combinaison... Nous mettrions la leçon à six heures... Nous travaillerions de six à sept... Et vous dîneriez à la maison tous les jeudis... Cela vous va-t-il?...

M. Raindal, comme en une hallucination, croyait apercevoir Thérèse, son sourire narquois, ses minces lèvres pincées de dédain, quand il lui ferait part de cet arrangement nouveau; et une envie le prit de la défier, de se venger d'elle, de réduire par un coup d'audace ses tacites ironies. Il toussotait, semblait réfléchir, et enfin d'une voix nette:

—Ma foi, oui, cela me va... C'est convenu, chère madame...

Mais il ajouta par un restant de prudence:

—Bien entendu, sauf contretemps, sauf empêchement majeur!...

Mme Chambannes eut une moue de reproche:

—Oh! cher maître, c'est très mal ces conditions!... N'êtes-vous pas libre, complètement libre?... Pensez-vous que votre petite élève voudrait empiéter sur vos occupations?...

«Votre petite élève!...» De quel ton de gentillesse elle avait proféré cela! M. Raindal, attendri, s'excusa à son tour, puis excusa pareillement ces dames. Zozé ne parut pas offensée de leur défection. N'avait-elle pas de quoi se consoler? Une heure de gagnée sur la leçon pour les couturières, les visites, Gérald, et sans perdre l'amitié du maître! Elle songeait seulement, avec simplicité:

—Oh! à la fin elle nous embête, cette Mlle Raindal!