—Je ne sais pas, madame!... Où vous voudrez!
Il considérait distraitement les petits squares circulaires dont les feuilles bruissaient sous un courant de brise. L'intérieur ne s'en voyait pas; et, dans l'emmêlement de leurs branchages serrés contre la grille, l'accès même en paraissait clos. On eût dit deux galantes charmilles de théâtre, posées là, par mégarde, ou provisoirement. Le maître songea: «Mais ce serait parfait!» et tout haut, désignant d'un geste le jardinet le plus voisin:
—Si nous entrions ici pour causer un instant, avant de nous séparer?
—C'est une idée!... fit Mme Chambannes... Ils sont délicieux, ces amours de squares...
Le jardin se composait, au dedans, d'une minuscule pelouse qu'entouraient quatre bancs verts, ouvragés à l'antique. Ils s'assirent sur l'un d'eux, en face du pavillon Denon. Au fronton s'alignaient, à intervalles égaux, une rangée de statues, isolées et pareilles sous leur égalitaire costume de marbre. Seuls ces regards sans vie plongeaient dans le petit square.
—Il n'y a pas foule! remarqua Mme Chambannes.
Puis, visant de son ombrelle les statues du fronton:
—Dire que vous serez un jour comme cela, cher maître!
—Rien n'est moins certain, madame, fit modestement M. Raindal.
—Et moi, où serai-je à cette époque? poursuivit Zozé d'une voix grave.