Et il s'empara de la main de sa petite élève, si brusquement, si violemment, que Notpou—c'était le nom, quasi égyptien, donné par Mme Chambannes au poney—exécuta sous le heurt du mors un écart presque épouvanté.

—Tenez-vous donc tranquille, cher maître! gronda Zozé qui ramenait la bête dans l'allure... Vous effrayez Notpou... Vous allez nous faire verser!...

—Il y avait si longtemps! bredouilla M. Raindal.

Elle esquissait un sourire d'indulgence. Le maître, soudain enhardi, interrogea de la voix distraite qu'il employait à ces questions:

—Et ces messieurs de Meuze?... Vous avez de leurs nouvelles?...

Mme Chambannes répliqua, avec un effort pour contenir le sang qu'elle sentait fuser vers ses joues:

—Aucune!... Je crois qu'ils sont à Deauville jusqu'à la fin du mois, comme je vous l'ai dit l'autre semaine... Ils devaient y arriver la veille de mon départ...

M. Raindal, les mains pendantes au bout des bras, la fixait d'un studieux regard:

—Alors ils ne viendront pas ici?...

—Pas que je sache, pendant le mois d'août, repartit Zozé qui avait à demi maîtrisé sa rougeur... Et après, ce sera la chasse... Ainsi, vous voyez!...