Au retour, on fit halte dans la route qui traverse le bois. Le maître et Mme Chambannes s'assirent sur le talus où Anselme avait étendu une couverture. Après quoi, Zozé tira son porte-cigarettes, en s'excusant. A la campagne, n'est-ce pas? la correction peut se relâcher. Et puis, dans un petit bois où on ne rencontre personne!...

Elle n'achevait pas cette phrase, que deux jeunes cyclistes apparurent. Ils pédalaient sans hâte, côte à côte. M. Raindal, aussitôt, se rappela avec humeur l'intolérant oncle Cyprien.

Les deux jeunes gens se désignaient Zozé d'un clin d'œil goguenard.

—Gentille! proféra distinctement le premier.

Cette remarque familière acheva d'agacer M. Raindal.

—Quel goujat! déclara-t-il, quand les bicyclistes furent passés.

—Pourquoi? riposta Zozé en projetant une bouffée... Il ne faut pas se formaliser pour si peu, à la campagne!...

Ces trois mots lui constituaient, aux Frettes, une devise favorite, une permanente justification de toutes les fantaisies qu'inventait sa tristesse ou son désœuvrement.

Elle s'en autorisa, le lendemain, pour se priver, durant la promenade, des services d'Anselme, dont la présence évidemment paralysait M. Raindal.

—Très bonne idée! approuva le maître dès qu'ils furent en route... D'ailleurs il ne servait à rien, ce garçon!...