Que lui demeurait-il donc dans l'accablante catastrophe? Sa famille? Il avait, depuis un an, perdu jusqu'au goût de la chérir! Son travail? Il en détestait l'œuvre, le mirage menteur, la routine malfaisante!

Alors il referma la fenêtre. Il renonça aux étoiles. Il se rassit sur son lit et se mit à pleurer.

Finies, les illusions! Finies, les fatuités de vieillard! Il s'en irait le lendemain. Il ne serait pas témoin de leur humiliant amour. Il ne verrait plus jamais sa chère petite élève. Et il pleurait... Douleur enfin sincère, sans vilenies de rancune, sans parodie d'orgueil, douleur humble qui s'avoue et qui aime ses larmes! M. Raindal y trouva l'apaisement, puis le sommeil.


Le lendemain cependant, vers dix heures, comme il descendait au jardin, une commotion soudaine rouvrit sa plaie intime.

—Oui, monsieur, Madame est sortie, assurait Firmin... Elle est allée se promener en tonneau avec M. de Meuze..

—Avec lequel? aboya presque M. Raindal.

—Avec M. le marquis... M. le comte et Monsieur sont encore dans leurs chambres.

—Ah! bien! Bon! fit M. Raindal en recouvrant son flegme.

Il s'assit dans un rocking-chair, à l'ombre de la terrasse, et il affecta de s'absorber à la lecture d'un journal.