Il rangea sous la voûte son tricycle, «sa bête» comme il l'appelait, puis, le recommandant à la vigilance du concierge, il s'engagea dans l'escalier.

—Vous venez me chercher pour déjeuner, mon garçon? fit Schleifmann qui avait ouvert... Une minute: j'endosse ma redingote et je suis à vous!

Ils étaient entrés dans le cabinet de travail, une mansarde spacieuse et claire, où deux nattes de paille recouvraient à demi le carrelage rouge du sol.

M. Raindal cadet avait une mine à la fois ricanante et cérémonieuse. Il s'assit dans un vieux fauteuil et il déclara en retirant, d'un geste théâtral, son vaste sombrero marron:

—Non, mon ami, je ne viens pas vous chercher... Je viens causer avec vous...

—Qu'arrive-t-il donc? questionna Schleifmann.

—Il arrive, mon cher, que je vous présente un homme fichu, archifichu!...

Et comme le Galicien levait les bras, dans une mimique de stupeur:

—Oui, Schleifmann, lit M. Raindal cadet. J'ai joué sur les mines d'or et j'ai perdu...

—J'en étais sûr! clama le Galicien en assénant sur le carrelage un coup de talon rageur. Et vous perdez combien?