Le malaise était dissipé. Il disparut entièrement avec le retour de la concierge qui apportait des médicaments, des sinapismes, des sangsues. Tous deux se mirent à soigner le malade; et jusqu'au soir ils n'eurent plus de loisir.

Vers la tombée du crépuscule, l'oncle Cyprien s'éveilla de sa torpeur. Il entr'ouvrit les yeux, et roulant autour de la chambre des regards hébétés, il semblait peu à peu se souvenir.

—Ah oui! murmurait-il. La Bourse! Le krach!

Il tentait de s'étirer. Une résistance à gauche lui fit froncer le sourcil. Il palpa son épaule gauche avec sa main droite restée libre.

—Tiens, tiens... je suis paralysé, par là... C'est du propre! grognait-il.

Il inspecta encore la pièce de son même regard de poupon, les prunelles mobiles et atones. La présence de Schleifmann et de son frère, qui l'épiaient au bout du lit, lui causa un trouble passager. Qui étaient donc ces hommes? Il hésitait, avec l'impression de les reconnaître sans pouvoir les nommer.

—Eusèbe! prononça-t-il enfin... Sch... Schleifmann!...

M. Raindal s'avançait en lui tendant la main. L'oncle Cyprien eut un sourire mélancolique, et, la voix enrouée, bégayante un peu:

—Hein! dans quel état ils m'ont fichu, ces gaillards!... Je me suis étalé sur le trottoir... Schleifmann t'a expliqué?...

—Oui, mon ami, ne te fatigue pas!...