Mais la flamme satirique du Galicien tombait. Il cita encore quelques noms sans commentaires: Jean Bunel, le romancier, M. Burzig, un jeune remisier, M. Silberschmidt avec sa femme.

Et, comme il se taisait:

—C'est tout? demanda l'oncle Cyprien.

—Absolument tout! déclara Schleifmann en frottant ses lunettes d'or dont la transpiration avait terni les verres.

M. Raindal cadet prit une mine goguenarde:

—Un dernier détail, s'il vous plaît?

—Je vous écoute, fit Schleifmann.

L'oncle Cyprien se rapprocha, et, la voix engageante:

—Tous Prussiens, naturellement?

—Non, mon cher Raindal! riposta le Galicien... Tous Français ou, ce qui est pareil, naturalisés... Naturalisés depuis la guerre... Le petit Pums est leur vétéran... Français de 78, le petit Pums... Ah! je me souviens très bien comme il était fier, après, quand il est revenu à Lemberg, lors de sa visite annuelle... Il courait de maison en maison, chez les amis, chez les parents, déployant partout son décret de naturalisation... On aurait dit qu'il montrait le diplôme d'un grade...