L'effigie hideuse
du temps
sur le front.
Fébrilement je cherche
des formules
(qui n'existent pas)
pour l'esprit.
Le cerveau
transpire sur les tempes.
A subsisté le reflet —
temple
où je me rencontre
avec moi-même.
L'AMOUR AUX LONGS CHEVEUX
Je lis aussi les rivières, les arbres,
l'air, la mer.
Je lis les rivières et les écris
avec des pierres,
je lis les arbres
et les écris avec des feuilles,
je lis l'air et
l'écris avec des nuages,
je lis la mer et l'écris
avec des méduses.
J'écris aussi avec des pierres, des feuilles,
des nuages, des méduses.
Je lis l'amour aux longs cheveux —
et pour écrire
je trempe ma plume dans les larmes,
dans les larmes.
DE SA MÉLODIE
JAILLISSENT DES SOURCES
Sur la colline les bouleaux
s'éclaircissent d'argent.
Les acacias éclatent
en rires
de bourgeons,
les lumières s'assemblent
en orangers.
Vois-tu cet oiseau-là?
Ses ailes s'appuient
sur l'azur.
De sa mélodie
jaillissent des sources.