Les beaux
seins me piquent
comme deux petites cornes d'agneau.
Tes jeunes années
m'étreignent.
Sur les épaules
la chevelure mouillée dans la nuit
glisse en longs murmures.
Tes lèvres, de verre,
cinglent mes joues,
et ton coeur
dissout mon être
comme les vagues dispersant
les sables sur le rivage.
Ô si loin
est l'azur de tes yeux
que la symphonie de l'amour
a seulement une ouverture.


LA BELLE SE LAMENTE
TELLE UN POMMIER

"Objet égoïste
le miroir —
toi seule te révèle
solitude!"
(Et la belle se lamente, se lamente
telle un pommier
devant son miroir
comme en face de sa propre conscience —
et quelque part, au loin,
on entend chuter
les vaines illusions).


VOUS ME SURPRENDREZ
MENDIANT UN UNIVERS

Pleurent les heures entre les années,
heures demeurées
blanches statues
dans la lave sombre
du temps.
L'horizon (rempli-de-honte)
se courbe devant moi.
à travers les bois le vent
en corde pend.
Là, au bord
de l'espace,
vous me surprendrez mendiant
un Univers.