Un soir, il revenait, le carnier plein, de battre la plaine, lorsque au détour du chemin, il rencontra son voisin Sixte Choua. Sixte Choua était aussi un chasseur, mais chasseur d'oiseaux de passage, qu'il guettait nonchalamment de son poste; il avait, en outre pour la plus profonde aversion les chiens, qui ne sont bons, disait-il, qu'à effaroucher le gibier et à le mettre en fuite.

M. Frédéric et Sixte Choua se serrèrent la main et firent route vers Trets. Faro, en chien bien dressé, marchait le nez sur les talons de son maître.

La conversation ne tarda pas à rouler sur la chasse, et Sixte Choua reprit sa thèse sur l'inutilité du chien.

M. Frédéric chercha à convaincre son compagnon en lui citant les prouesses de Faro; mais Sixte Choua avait son opinion faite et n'en voulait pas démordre. A chaque fait que lui citait M. Frédéric, Sixte Choua répondait:

--C'est un pur hasard.

M. Frédéric était exaspéré.

--Qu'entends-tu par un pur hasard? s'écria-t-il.

--Oh! rien.

--Mais encore?

--Eh bien, suppose une supposition: tu as la bouche ouverte, je te jette une cerise entre le nez et le menton; si elle ne tombe pas dans ta bouche, c'est par un pur hasard.