--Tu es plus entêté que le bedeau de Peynier.
M. Frédéric s'arrêta, fit mine de charger son fusil; Faro, les yeux fixés sur lui, raidit son fouet.
--Cherche! lui cria-t-il en lui désignant un champ de trèfle qui bordait la route.
Puis se tournant vers Sixte Choua:
--Tiens, lui dit-il, nous sommes seuls; Faro ne nous voit ni ne nous entend, n'est-ce pas? Eh bien, regarde: je mets cette pièce de cinq francs sous cette pierre; nous allons rentrer à Trets, et j'enverrai Faro la chercher. Tu ne diras pas que c'est un pur hasard, ça?
--Oh! pour ça non; ce ne sera pas un pur hasard.
--Eh bien, partons, dit M. Frédéric.
Il siffla Faro, et ils se dirigèrent vers Trets, où ils arrivèrent à la nuit tombante.
En attendant le souper que préparait la ménagère, les deux amis s'assirent sur un banc qu'ombrageait un magnifique figuier et s'apprêtèrent à pétuner, comme disait M. Frédéric, qui avait la prétention d'être un beau parleur. Lorsque sa pipe fut bien allumée, il appela Faro, qui vint se placer entre ses jambes, et il le caressa.
--Tu vois, Faro, dit-il en montrant au chien une pièce de cinq francs, tu vois! J'en ai perdu une sur le chemin, va la chercher!