Faro donna quelques éclats de voix en bondissant pour indiquer qu'il avait compris; puis, prenant piste, le nez au ras du sol, il partit en courant.
--Eh bien, qu'en dis-tu? dit M. Frédéric.
--S'il rapporte la pièce, je dirai que ce n'est pas un pur hasard.
Faro quêta tout le long du chemin et s'arrêta net devant la pierre sous laquelle était placée la pièce de cinq francs. Il essaya vainement de la soulever avec son museau; il flairait bruyamment, cherchant une issue pour atteindre la pièce. Après de vains efforts, il se décida à gratter le sol pour faire une excavation qui lui permit d'atteindre l'objet qu'il recherchait.
Il se livrait ardemment à cette besogne sur le bord du sentier, lorsque deux gendarmes apparurent. Faro était un trop honnête chien pour fuir devant l'autorité; il considéra même l'arrivée des représentants de la force publique comme un secours providentiel. Tout frétillant, il s'élança vers eux, revint vers la pierre, se mit à regratter, retourna, semblant solliciter leur assistance.
Le brigadier était un homme d'expérience, et, trouvant ce manège insolite, il mit pied à terre. Le chien ne le quittait pas de vue. Camaréon--tel était le nom du brigadier,--souleva la pierre et vit une belle pièce blanche qui, malgré la nuit qui était arrivée, se détachait brillante sur la terre sombre. Le chien se précipita sur elle, mais le brigadier l'avait déjà saisie.
--Diable! diable! dit-il, qu'est-ce que cela signifie? Quel est ce mystère?
Après un moment de réflexion, il mit soigneusement la pièce de cinq francs dans la poche de son pantalon et remonta à cheval.
Puis, comme la nuit était venue, il partit au trot, suivi de son subordonné.
Faro, un instant hésitant, étonné peut-être de l'acte d'indélicatesse du brigadier, prit son parti et se mit à la poursuite des gendarmes.