Tout en chevauchant, son inférieur se hasarda à l'interroger:
--Pour lors, brigadier, que vous pensez que cette pièce...
--Est une pièce à conviction... que c'est à cet endroit même que fut dévalisé le boucher du Beausset, dont auquel j'ai perdu la piste des coupables... et qu'avec cette pièce je fais faire un rapport au capitaine, avec mes idées.
Faro suivait toujours.
--Le chien nous suit, dit le gendarme.
--Tant mieux, que ce sera une pièce à conviction de plus à mettre dans mon rapport au capitaine.
En arrivant à Saint-Maximin, ils mirent les chevaux à l'écurie et montèrent souper dans le réfectoire de la caserne.
Faro n'avait pas quitté la botte du gendarme.
On se mit à table, et Faro fut admirablement traité. Camaréon n'avait jamais vu de chien plus caressant; la tête appuyée sur les genoux du brigadier, il ne perdait pas un seul de ses mouvements et poussait la familiarité jusqu'à fourrer son museau dans la poche de sa culotte.
Le repas fini, chacun se retira dans sa chambre, et Camaréon emmena avec lui Faro.