—Ce serait trop long à t'expliquer et ça ne t'intéresserait pas.
Revenons à notre affaire. Me donnes-tu carte blanche jusqu'à ce soir?

—Oh! très volontiers. Je vais me coucher en rentrant chez moi, car je ne tiens plus sur mes jambes. Tu me trouveras au lit quand tu viendras. Et tout ce que ton homme t'aura conseillé de faire, nous le ferons de concert. Ce sera mieux que si nous agissions séparément.

—Beaucoup mieux. C'est convenu.

Paul se disait:

—D'ici, à ce soir, j'aurai vu la marquise.

Ils étaient arrivés à la hauteur de l'Observatoire, lorsque Mirande avisa un fiacre qui revenait à vide de quelque gare où il était allé attendre inutilement les voyageurs d'un train de nuit.

Mirande l'appela et voulut y faire monter Paul avec lui, mais Paul refusa. Il n'était plus très loin de la rue Gay-Lussac et la marche lui faisait du bien.

Il n'était pas fâché d'ailleurs de se retrouver seul, pour tâcher de remettre un peu d'ordre dans ses idées.

Les deux amis se séparèrent donc. Un magistrat aurait dit: les deux complices, puisqu'ils pouvaient être impliqués tous les deux dans une affaire qui se dénouerait peut-être en Cour d'assises.

Jean se fit voiturer au boulevard Saint-Germain où il avait son domicile. Paul continua de cheminer à pied vers la rue Gay-Lussac.