L'homme qui les avait épiés du haut de la butte les avait filés à distance sans qu'ils s'en fussent aperçus.

Il les filait, dans un but qui ne pouvait pas être de leur rendre service, car il se dissimulait en rasant les maisons et on ne se cache que pour mal faire.

Quand ces messieurs se quittèrent, il dut forcément lâcher une des deux pistes pour s'attacher à l'autre, et il n'avait pas le choix, car les chevaux du fiacre où Mirande était monté allaient plus vite que lui.

Il se rabattit donc sur Paul Cormier qui s'en allait pédestrement et qui ne s'avisa pas une seule fois de se retourner, car il ne se doutait pas qu'un curieux mal intentionné était à ses trousses.

Ce suspect individu suivit Paul jusqu'à la porte de la maison qu'il habitait.

Il ne poussa pas l'audace jusqu'à y entrer sur ses talons, comme Paul était entré, la veille, chez la baronne Dozulé, en même temps que la marquise de Ganges. Mais il n'abandonna pas la partie et Paul s'aperçut, dès le lendemain, qu'il aurait désormais à compter avec un dangereux drôle.

III

Quoique ses moyens le lui permissent, Paul Cormier ne s'était pas encore mis dans ses meubles, comme son ami Jean de Mirande qui s'était payé une installation superbe.

Il ne vivait pas non plus dans un hôtel garni, comme un simple étudiant, pourvu d'une maigre pension.

Il avait loué, dans une honnête maison, un joli appartement meublé, composé de quatre pièces, au premier sur le devant, et n'eût été l'écriteau jaune pendu à la porte de la rue, les personnes qui venaient le voir pouvaient croire qu'il était là chez lui.