Une femme comme il faut pouvait y entrer sans se compromettre.
En fait de domestiques, il se contentait d'une femme de ménage, évitant ainsi la dépense obligatoire d'une tenue de maison, afin de garder plus d'argent de poche, le seul qu'il appréciât.
Il avait un certain mérite à se gouverner de la sorte, car madame Cormier, la mère, était restée usufruitière de toute la fortune; et son fils, qui aurait pu exiger sa part de l'héritage, ne l'avait jamais réclamée.
Depuis qu'il avait gagné huit mille francs au vicomte de Servon, il s'était déjà demandé s'il ne les emploierait pas à se créer un intérieur confortable où il pourrait, sans rougir de la mesquinerie de son ameublement, recevoir un jour ou l'autre la marquise de Ganges.
Mais depuis la mort tragique du mari, il pensait beaucoup moins à la jolie somme qui gonflait son portefeuille qu'à un autre portefeuille qu'il s'était chargé de remettre à la veuve du marquis.
Celui-là lui pesait cent livres sur la poitrine et quand il le retira de sa poche en se déshabillant, c'est à peine s'il osa y toucher.
Il fut pourtant violemment tenté de l'ouvrir.
M. de Ganges, en lui recommandant de le porter à sa femme, ne lui avait pas défendu d'en examiner le contenu, et il y trouverait peut-être d'autres secrets que celui de la personnalité du défunt.
Il ne savait presque rien de la marquise et il ne tenait peut-être qu'à lui de tout savoir.
Mais il lui répugnait de fouiller dans les papiers d'un mort et après avoir un peu trop hésité, il sut résister à la tentation.