Il poussa le battant mobile et se trouva dans un large vestibule aboutissant à un jardin qui semblait s'étendre très loin.
Un valet en livrée de couleur sombre vint à la rencontre du visiteur et lui demanda son nom, ce qui semblait indiquer que madame de Ganges était chez elle.
Paul, pris de court, allait donner sa carte, lorsqu'il aperçut à l'entrée du jardin un homme vêtu de noir qu'il reconnut aussitôt pour l'avoir déjà vu la veille au Luxembourg, sur la terrasse.
Cet homme, c'était celui qui avait eu maille à partir avec Jean de Mirande, à propos de la chaise occupée si cavalièrement par cet audacieux étudiant et que Mirande avait traité du haut en bas.
La rencontre était fâcheuse. Ce personnage qui gardait si bien la marquise hors de chez elle, devait se tenir là pour la protéger à domicile contre les importuns et contre les indiscrets.
—S'il allait me reconnaître pour m'avoir vu hier avec Jean? se disait
Paul, de moins en moins rassuré.
Il oubliait qu'il s'était tenu à distance pendant l'altercation et que ce chevalier de la marquise n'avait pas pu le remarquer.
Il eut bientôt la preuve qu'il avait tort de s'alarmer, car ce grave personnage s'approcha et lui dit très poliment que madame de Ganges, un peu souffrante, ne recevait personne.
Paul ne se tint pas pour battu et parlant d'abondance, il dit qu'il n'avait pas l'honneur d'être connu de madame la marquise, mais qu'il était chargé de lui faire une communication importante.
L'homme l'interrompit pour lui demander brusquement: