—Dieu sait ce qu'ils penseront de moi, murmura l'étudiant.
Qu'importe?… tout ce que vous ferez sera bien fait, madame.
—Je serais désolée que vous eussiez à souffrir de ma franchise, mais je ne puis agir autrement. Je ferai, d'ailleurs, en sorte de prendre sur moi la responsabilité de ce désastreux malentendu. Personne n'aura rien à vous reprocher. Il aura, du reste, duré si peu de temps qu'il ne saurait avoir de bien graves conséquences.
—S'il en a, je les supporterai, quelles qu'elles soient… pourvu que vous ne me défendiez pas de vous revoir.
—Plus tard, peut-être… mais vous sentez comme moi que pendant un temps nos relations doivent cesser.
—Si j'étais sûr qu'elles ne seront qu'interrompues?…
—Je ne puis rien vous promettre. La catastrophe que vous venez de m'annoncer va bouleverser ma vie et je ne sais pas encore quel parti je prendrai… je n'ai même pas la certitude que je suis veuve…
—Si vous ne l'étiez pas, je ne vous aurais pas parlé comme je viens de le faire… Mais M. de Ganges est tombé sous mes yeux et je vous ai apporté la preuve qu'il est mort, dit Paul Cormier, en montrant du doigt le portefeuille auquel la marquise n'avait pas encore osé toucher.
Il était resté sur le banc ce portefeuille armorié et elle ne pouvait pas douter qu'il eût appartenu à son mari.
—Ouvrez-le, madame, reprit Paul, vous y trouverez certainement des papiers qui ne vous laisseront pas de doutes.
La marquise ne semblait pas pressée de suivre le conseil que lui donnait l'amoureux qui aspirait à remplacer son mari. Peut-être s'y serait-elle décidée, mais son garde du corps se montra tout à coup. Au lieu de prendre l'objet, elle se plaça de façon à l'empêcher de le voir et elle l'interrogea des yeux.