—Paris est si grand! murmura Paul, à bout d'arguments.

—Oui, Paris est immense, mais tout y arrive… vous en avez eu la preuve hier, puisque vous avez trouvé sur votre chemin M. de Servon. Et si vos camarades venaient à découvrir que vous vous faites passer pour le marquis de Ganges, de quoi ne vous accuseraient-ils pas!… Convenez donc, monsieur, que votre projet est fou, si tant est que vous l'ayez conçu sérieusement.

Paul baissa la tête et ne trouva rien à répondre.

—Ce n'est pas tout, reprit madame de Ganges; alors même qu'il serait praticable, je ne me prêterais pas à une imposture… je ne trouve pas d'autre mot pour qualifier le plan de conduite que vous me proposez d'adopter.

—Vous préférez me désespérer!

—Non, monsieur. Seulement, je veux rester maîtresse de mes actions. Je ne sais ce que vous pensez de moi, mais je vous prie de croire que j'ai toujours été irréprochable.

Mon mari, lui-même, mon mari qui m'a fait tant de peines, me rendrait cette justice, s'il vivait encore.

—Il me l'a dit avant de mourir.

—Vous devez donc comprendre que je ne puis ni ne dois rester avec vous dans les termes où nous a mis la méprise d'un domestique. Je suis décidée à dire la vérité à mon amie madame Dozulé. Elle a assisté à la scène et je lui expliquerai qu'un manque de présence d'esprit m'a empêchée de rectifier immédiatement l'erreur.

Elle rira de l'aventure et elle se chargera de la présenter sous son véritable jour à ses invités d'hier.