—C'est à moi que cette lettre était destinée.
—A vous! s'écria la marquise.
—Oui, madame. Depuis la partie de baccarat chez madame Dozulé, M. de
Servon est mon débiteur.
—Et c'est chez moi qu'il envoie la somme qu'il vous doit!
—Naturellement, puisqu'il croit la devoir à M. de Ganges.
La marquise tressaillit. C'était le premier effet de l'erreur du valet de pied de madame Dozulé et elle pouvait maintenant mesurer ce que cette fatale méprise allait lui coûter.
—Il reviendra l'apporter lui-même, cette somme, continua avec intention Paul Cormier qui ne désespérait pas encore d'amener la marquise à accepter son projet de rester dans le statu quo; et vous en verrez bien d'autres. C'est la conséquence forcée de ce qui s'est passé chez votre amie.
—Vous avez raison, monsieur, dit-elle; la situation où nous nous trouvons tous les deux est intolérable. Je n'ai que deux partis à prendre: ou dire la vérité, ou quitter Paris et n'y jamais revenir. J'ai besoin de réfléchir avant de me décider, et je désire être seule.
C'était un congé en bonne forme, et la marquise le signifia d'un ton si ferme que son amoureux comprit qu'il n'avait qu'à se retirer.
—Je vous obéis, madame, dit-il tristement.