Il se flattait que pour adoucir cette injonction, elle allait lui tendre la main, mais elle ne la lui offrit pas plus que la veille, au moment où il l'avait quittée tout près du rond-point des Champs-Elysées.

Elle la retira même, comme si elle eût craint qu'il ne la prît, sans sa permission.

Décidément, cette marquise n'aimait pas les contacts, même du bout des doigts.

Après ce refus, presque décourageant, Paul Cormier n'avait plus qu'à s'en aller, sans ajouter un mot à ce qu'il avait dit.

Ainsi fit-il, très mortifié et très mécontent du résultat de sa première visite à la marquise de Ganges.

En traversant la cour qui précédait le jardin, il y retrouva l'homme habillé de noir, cet étrange personnage qui se tenait à l'écart pour apparaître de temps en temps comme la statue du Commandeur.

Paul savait maintenant que ce garde du corps n'était pas un simple domestique, mais il n'eut pas la moindre envie de le saluer en passant et il crut voir que ce chevalier de la dame de l'avenue Montaigne le regardait d'un air soupçonneux.

Il se demandait sans doute ce que ce jeune homme était venu faire chez madame de Ganges, et c'était bien la preuve qu'elle n'avait pas jugé à propos de lui parler de ses aventures à la sortie du Luxembourg et chez la baronne Dozulé.

Peu importait du reste à Paul Cormier, mais il ne fut pas plutôt hors de l'hôtel, qu'il lui arriva, comme la veille, en descendant de voiture aux Champs-Elysées, d'envisager la situation sous un tout autre aspect.

La veille, après le voyage en fiacre, il s'était repenti de s'être laissé trop facilement éconduire et maintenant il apercevait dans le langage et dans l'attitude de la marquise des côtés qui le choquaient.