—Qu'à cela ne tienne, mon cher monsieur Bardin. Je ne vous demande qu'une minute pour renvoyer mon fiacre.

Paul, paya au cocher le double de ce qu'il lui devait, pour se dispenser d'attendre qu'il lui rendît la monnaie, et revint dire au vieil ami de sa mère:

—Maintenant, me voilà prêt à vous suivre où il vous plaira de me mener pourvu que vous m'écoutiez. Où allez-vous?

—Au Palais de Justice.

—Bon! ce n'est pas tout près d'ici; j'aurai le temps de vous conter ce qui m'amène.

—N'importe!… sois bref!… et surtout sois clair!… mais avant de commencer, laisse-moi t'apprendre une nouvelle qui te fera plaisir.

—Tout ce que vous voudrez, monsieur Bardin.

—Il s'agit de mon fils. Je t'ai dit souvent qu'il ne lui fallait qu'un beau crime à instruire pour se faire connaître… pour sortir du rang… un de ces crimes dont tous les journaux s'occupent et qui mettent en lumière les talents d'un juge…

—Parfaitement… et j'ai toujours pensé que cette chance lui viendrait tôt ou tard.

—Hum!… elle s'est fait attendre… et l'avancement de ce pauvre Charles s'en est ressenti… si on ne regardait qu'au mérite, il devrait être déjà conseiller à la cour… mais enfin, il tient son crime.