Le romanesque Paul aimait l'imprévu: il était servi à souhait.

Mais il n'augurait pas très bien de cette nouvelle aventure.

Il savait que les grandes mondaines n'ont pas coutume de se jeter ainsi à la tête d'un monsieur qu'elles n'ont jamais vu et il pensait que cette personne, un peu trop sans façon, pouvait bien n'être qu'une farceuse en quête d'une liaison passagère… et productive.

Elle avait cependant si bon air qu'il voulait savoir à quoi s'en tenir sur ses intentions.

Il lui restait tout le temps de faire avec elle, avant d'aller dîner au Marais, une promenade qui éclaircirait ce petit mystère, et rien ne l'empêcherait ensuite de fausser compagnie à la promeneuse, s'il s'apercevait qu'elle ne valait pas la peine d'être conquise.

Elle ne le fit pas languir.

Le fiacre commençait à peine à descendre la rue de Tournon et Paul en était encore à chercher une phrase pour entamer la conversation, quand elle releva sa voilette.

Cette inconnue c'était la blonde aux yeux noirs que Jean de Mirande avait abordée si audacieusement et avec si peu de succès, sur la terrasse du jardin.

Elle regardait Paul, en souriant et elle paraissait s'amuser de son étonnement et de son trouble.

—Quoi! Madame, dit-il assez gauchement, c'est vous qui, tout à l'heure…