—Oui, Monsieur, répondit-elle, sans paraître embarrassée, c'est moi qui étais assise, là-bas, sous les grands marronniers, quand votre ami s'est permis de m'adresser la parole.
—Je vous prie de croire, Madame, que j'ai fait ce que j'ai pu pour l'empêcher de commettre cette inconvenance.
—Je le sais, Monsieur; j'ai très bien vu que vous avez essayé de le retenir et j'ai deviné que vous le désapprouviez.
—Oh! absolument!
—Je n'en doute pas. C'est ce qui m'a fait désirer de vous connaître.
L'explication ne laissait pas que d'être flatteuse pour Paul Cormier; mais elle n'excusait pas l'allure, pour le moins excentrique, de cette dame qui, pour faire connaissance avec un jeune homme qu'elle venait de voir pour la première fois, n'imaginait rien de mieux que d'envahir un fiacre où il montait et de lui commander de l'accompagner à l'autre bout de Paris.
Il n'aurait plus manqué que de baisser les stores.
Elle ne s'en avisa point, ni Paul non plus, car il avait beau se dire qu'il était tombé sur une chercheuse de rencontres, il ne parvenait pas à se le persuader, tant l'air de cette blonde énigmatique était en désaccord avec sa conduite.
Il y avait dans toute sa personne et dans le ton qu'elle avait pris un je ne sais quoi qui commandait, sinon le respect, au moins des égards, et au risque d'être dupe, Paul ne put pas se décider à lui parler autrement qu'il ne l'aurait fait dans un salon.
—Quel dommage, reprit-elle, qu'un homme si bien né soit si mal élevé!