Et le vieil avocat s'empressa d'ajouter:
—Maintenant, filons. Mon petit Charles n'a pas de temps à perdre… ni toi non plus.
D'ailleurs, le greffier va arriver, et il est inutile qu'il entende ce que nous aurions encore à nous dire.
Paul ne tenait pas du tout à prolonger la séance, et il suivit très volontiers l'avocat qui avait si bien plaidé pour lui.
Le dernier mot du juge à son père fut:
—Je passerai chez vous ce soir, et, d'ici là, j'aurai du nouveau. J'ai télégraphié à Nice, pour savoir à quel marquis a été vendu le chapeau trouvé à côté du mort, et j'espère que la réponse ne se fera pas attendre.
—Tant mieux! c'est très important et tu feras bien aussi de garder sous ta main ce Brunachon zélé qui est venu te renseigner proprio motu. Il n'a pas menti, puisque Paul reconnaît que cet homme a pu le voir, mais il ne m'inspire pas beaucoup de confiance.
—Il ne m'en inspire pas plus qu'à vous, mon cher père. Je vais l'interroger encore et après, je le ferai surveiller.
—Et bien tu feras. A ce soir, mon garçon.
L'avocat et l'étudiant sortirent ensemble et ils ne rencontrèrent pas dans les corridors le dénonciateur, relégué dans la chambre des témoins, par ordre du juge d'instruction.