Il fallait bien maintenant renvoyer à une meilleure occasion cette visite urgente, car il voulait éviter à tout prix d'accompagner M. de Servon chez la marquise.
Et de peur M. de Servon n'eût l'idée d'y aller sans lui, Paul s'empressa d'ajouter:
—Madame de Ganges est sortie aussi… elle doit dîner en ville… et je dois aller la rejoindre… je suis même déjà en retard…
—Oh! alors, je me reprocherais de vous retenir. J'aurai l'honneur de vous revoir très prochainement… dès que madame de Ganges aura choisi un jour de réception et, dans tous les cas, dimanche, j'espère, chez madame Dozulé.
—Je l'espère aussi… mais…
—Je compte même que vous voudrez bien être des nôtres, au club dont nous faisons partie Carolles, Baffé et moi. Je vous ai l'autre soir présenté ces messieurs… ils souhaitent vivement de n'en pas rester là et je tiens beaucoup à vous présenter au cercle où nous pourrons nous rencontrer tous les jours.
Si le vicomte avait eu l'intention de mettre Paul Cormier à la torture, il n'aurait pas parlé autrement. Chaque mot qu'il disait équivalait à un coup d'épingle et l'offre obligeante de son parrainage au club mettait le comble au douloureux embarras du faux marquis de Ganges.
Et le pauvre Paul ne pensait qu'à se dérober le plus tôt possible au supplice que M. de Servon lui infligeait, avec ou sans intention.
—Je remercie beaucoup ces messieurs de leur bonne volonté, dit-il précipitamment, et je vous suis très obligé, mais je ne sais pas encore si je me fixerai à Paris… quand j'aurai l'honneur de vous revoir, nous reparlerons de ce projet, mais en ce moment…
—Vous êtes pressé, je le sais, cher monsieur, et je ne vous retiens plus… ah! encore un mot pourtant… vous avez un intendant qui exécute trop bien les consignes qu'on lui donne… hier, vous lui aviez dit de ne recevoir personne…