—Je me permets de vous poser cette question parce que vous ne m'avez encore parlé que de lui.
—N'êtes-vous pas son meilleur ami?
—Je le crois, mais avouez que je pousserais l'amitié jusqu'à l'abnégation la plus invraisemblable, si je ne vous disais pas que je serais heureux de vous plaire et que je m'étonne d'être appelé à l'honneur de vous fournir des renseignements sur Jean de Mirande.
Vous auriez pu les lui demander à lui-même, au lieu de l'éconduire… et je pourrais ajouter: pour qui me prenez-vous?
La dame rougit et ce fut d'un ton peiné qu'elle répondit:
—Pardonnez-moi, Monsieur, si je vous ai offensé. J'avais cru, en m'adressant à vous, que je pourrais, sans vous blesser, vous interroger sur M. de Mirande… et je n'ai pas craint de tenter une démarche… que j'espère ne pas avoir à regretter.
—Oh! protesta Paul Cormier, je n'abuserai pas de la situation.
Elle n'a cependant rien de flatteur ni d'agréable pour moi, convenez-en. Me voilà réduit au rôle de confident… et encore!… jusqu'à présent vous ne m'avez pas confié grand'chose…
J'espérais mieux et quand vous avez bien voulu m'inviter à monter dans cette voiture, si j'avais pu prévoir qu'il ne serait question que de Mirande et de sa famille…
—Ne vous repentez pas d'avoir fait une bonne action, interrompit la blonde inconnue.