—Non… c'est-à-dire… je supposais…

—Eh! bien, moi, je n'en aurais rien su, si un homme qui a connu M. de
Ganges ne m'avait pas montré son cadavre.

—Son cadavre! répéta Paul Cormier qui pâlissait à vue d'œil.

—Oui, cher monsieur; à la Morgue où il est exposé. Le marquis est mort de mort violente. On croit qu'il a été assassiné.

Paul eut un geste de dénégation.

—Qu'il l'ait été ou non, madame de Ganges a un gros intérêt à être informée de cet événement… ne fût-ce que pour faire constater le décès qui la rend libre… à moins qu'elle n'aime mieux, par des raisons que j'ignore, rester dans le statu quo.

—Mais il me semble qu'elle n'a pas le choix. L'homme qui a reconnu le corps a dû aller faire sa déclaration.

—Pas encore. Il n'y a pas de temps perdu, car la reconnaissance vient seulement d'avoir lieu. J'y étais.

—Vous, monsieur!

—Oui, et c'est ce qui m'a déterminé à me mettre immédiatement à votre recherche. J'ai cru que mon devoir, en cette triste circonstance, était de renseigner madame de Ganges. Je serais allé chez elle, si je n'avais craint de n'être pas reçu.