—Est-ce que vous connaissez cet homme-là? demanda M. de Servon.
—Non, articula péniblement l'étudiant, mais il se peut qu'il me connaisse… il me fait l'effet de connaître tout le monde…
—C'est un peu ça et il a une rude mémoire… j'en ai eu la preuve à la
Morgue.
—Que me conseillez-vous? demanda tout à coup Paul Cormier.
—Puisque vous me consultez, je vous conseille de prendre les devants… c'est-à-dire d'aller trouver le juge d'instruction qui est chargé de cette affaire… d'y aller, après vous êtes concerté avec madame de Ganges… qui est toujours la principale intéressée.
Le conseil était peut-être excellent, mais il venait trop tard, puisque
Paul Cormier avait été interrogé la veille.
Jean de Mirande devait l'être au moment où le vicomte parlait et son camarade s'inquiétait déjà de ne pas le voir arriver. Que faire en attendant qu'il reparût? Comment différer encore de donner une réponse catégorique à M. de Servon qui, tout en affectant de se désintéresser de la situation, insistait pour tâcher d'en savoir plus long que Cormier ne voulait lui en dire?
—Je ne puis rien faire avant d'avoir revu mon camarade, répondit enfin
Paul.
—Bon! mais quand le reverrez-vous?
—Il ne peut pas tarder beaucoup maintenant.