—Ah! tu m'ennuies, à la fin! s'écria Paul Cormier. Tu m'interromps sans cesse et je ne peux pas parvenir à placer un mot. Je te déclare que, si tu continues, je vais te planter là… tu iras te renseigner ailleurs… moi, je ne te reverrai plus.
—Allons!… je t'écoute… raconte et sois bref. Tu en es resté au moment où tu as retrouvé la blonde que tu cherchais.
—Je ne la cherchais pas du tout. Je m'en allais tranquillement dîner chez ma mère, au Marais. Au moment où je montais dans un fiacre, près de la grille de la rue de Vaugirard, une femme voilée entrait dans ce fiacre par l'autre portière et me faisait signe de prendre place à côté d'elle. Naturellement, je ne me suis pas fait prier. Deux minutes après, elle relevait sa voilette, et je reconnaissais la dame de la terrasse. Alors, je l'avoue, je me suis cru en bonne fortune.
—Je m'y serais cru à moins!… une femme qui t'enlève en voiture!
—Eh bien, je me trompais complètement… Dès que j'ai essayé de lui faire une cour un peu accentuée, elle m'a rembarré de la belle façon, en me menaçant de descendre.
—Et tu as été assez nigaud pour te tenir tranquille!
—J'aurais peut-être insisté, si je ne m'étais promptement aperçu que je lui étais tout à fait indifférent et qu'elle ne m'avait fait monter que pour me parler d'un autre homme.
—Ça, c'est plus fort!
—Oui, mon cher, pour me demander une foule de détails sur la vie que cet homme mène à Paris…
—Un homme que tu connais?