—Monsieur, permettez-moi vous serrer la dextre, dit Lestrigou en tendant la main à Paul qui ne demandait pas mieux que de fraterniser avec ce joyeux compatriote de son ami Jean de Mirande.

—Tel que tu le vois, mon cher, reprit le papa Bardin, ce garçon fait sa troisième année de droit. Je ne répondrais pas qu'il n'ait eu que des boules blanches à ses examens, mais il sera reçu avocat tout de même.

—Tous confrères, alors! s'écria Lestrigou en s'attablant. Pardiu, nous allons rire; à démain les affaires sérieuses!…

—Ah! oui, l'héritage.

—Tu l'as dit, Bardin mon cœur, t'apporte coquin d'héritage; tout est en règle. n'ai plus qu'à faire une hureusé; mais ton june ami sait pas quoi il est question.

—Je lui en ai dit un mot en t'attendant.

—As bien fait. n'est plus un sécret. Demain jé verrai l'héritière et dans peu jours, toutés les gazettes en parleront.

—Elle est capable d'en devenir folle, ta petite payse. Lui as-tu écrit, au moins, pour la préparer à recevoir la tuile d'or qui va lui tomber sur la tête?

—Ta sais bien qué jé né pouvais pas.

—C'est vrai. Tu n'as pas encore son adresse. Es-tu sûr qu'elle est à
Paris?