Le portier le rassura. Mirande venait de rentrer.
Ce fut lui qui vint ouvrir lorsque Paul sonna et, en le voyant, il s'exclama joyeusement:
—Tu arrives bien, s'écria-t-il; j'allais passer ma soirée à avaler ma langue. Tu vas me tenir compagnie. Nous allons causer en fumant des pipes et en buvant des grogs.
—C'est que… j'en ai long à te raconter, murmura Paul.
—Et moi, donc!… Nous allons nous établir dans mon salon. Tu verras pourquoi.
Mirande occupait un joli appartement de garçon, pas très grand, mais très complet, qu'il s'était plu à meubler suivant ses goûts.
Peu d'objets d'art, mais des collections de pipes de tous les pays et des ustensiles de salle d'armes, accrochés à tous les murs: masques, fleurets, épées de combat et le reste.
Sur la table, des boîtes de cigares, des pots à tabac, des verres et une bouteille d'eau-de-vie encore aux trois quarts pleine.
—A toi la parole, dit Mirande. Après, ce sera à mon tour. Sieds-toi, verse-toi à boire, allume ce que tu voudras et vas-y de ta narration. Tu viens de dîner au Marais?
—Je viens du Marais, mais je n'ai pas dîné et je ne dînerai pas ce soir. Les nouvelles que j'ai apprises m'ont coupé l'appétit.