Son garde-du-corps, Coussergues, était resté pour veiller à ce que Mirande ne se débarrassât pas du petit, en le déposant à la Préfecture de police comme il aurait déposé un parapluie trouvé dans la rue.

Tout s'expliquait ainsi; et madame de Ganges, qui n'avait pas cessé de mentir à Paul Cormier depuis qu'elle le connaissait, madame de Ganges, fille-mère ou épouse infidèle, ne méritait pas que Paul la défendît.

Ses indignations le reprirent, et cette fois, il ne se donna pas la peine d'examiner le pour et le contre, ni même de chercher un valet qui le renseignât sur le brusque départ de la dame.

Il ne pensa qu'à sortir de cet hôtel où il se jurait de ne plus remettre les pieds.

Que lui importait maintenant l'héritière aux six millions? Il avait promis à Bardin et à Lestrigou de leur dire où ils trouveraient cette protégée introuvable; mais à l'impossible, nul n'est tenu. Il leur dirait qu'elle avait probablement quitté Paris avec sa protectrice et il ne se gênerait plus pour leur dire tout ce qu'il savait sur la marquise.

Ah! Lestrigou, maintenant, pouvait bien s'adresser à la police! Paul n'interviendrait pas pour l'en empêcher.

Il s'en alla comme il était venu, sans rencontrer personne, et il trouva la porte entrouverte comme il l'avait laissée.

Rien ne bougea dans cette vaste demeure où les domestiques étaient nombreux. On eût dit le château de la Belle au bois dormant.

Paul, une fois dehors, se demanda comment il emploierait le reste de sa journée.

Il serait bien allé rue des Arquebusiers, à seule fin de renseigner ses vieux amis, mais il n'espérait pas les y trouver.