—Une question qui ne paraît pas vous embarrasser.

—Oh! pas du tout. Et vous ne tarderez guère, monsieur, à savoir à quoi vous en tenir.

—Qu'attendez-vous pour me dire la vérité?

—J'attends que votre ami soit là. Il est plus intéressé que vous à la connaître.

—Voilà un commencement d'aveu! s'écria Cormier; mais tenez!… Le voici!… ou plutôt les voici!

Mirande, en ce moment, apparaissait en haut de l'escalier, tenant par la main le petit Roch et délivré de la compagnie des donzelles qui l'avaient accosté près du bassin.

Sans doute, il venait de les congédier en apprenant de la bouche de l'enfant que l'énigmatique maman Jacqueline était sur la terrasse.

Paul Cormier se leva pour l'appeler du geste. La marquise ne bougea pas, et Roch lâcha la main de Mirande pour courir à elle; mais tout à coup, obliquant à droite, il se lança à toutes jambes vers les quinconces où ne manquaient ni les gamins de son âge, ni les femmes assises au pied des marronniers.

Mirande n'essaya point de le rattraper. Il avait aperçu son ami et la blonde qui s'était naguère montrée si revêche à ses galanteries à la hussarde. Il savait par Paul que cette blonde récalcitrante était la marquise de Ganges, mais il ne se doutait pas qu'elle était aussi maman Jacqueline, et il ne résista pas à l'envie qui lui prit de s'expliquer avec elle avant de courir après l'enfant.

Il avait tué son mari. Ce n'était pas une raison pour la fuir, et il vint à elle avec toute la bravacherie de Don Juan invitant à souper la statue du Commandeur qu'il avait envoyé dans l'autre monde.