Eh bien! pétité Bernadette, avais-je raison de t_é_ dire tout à l'heure qu'en fait maris, tu n'aurais qu_é_ l'embarras du choix.

Depuis qu_é_ je suis arrivé à Paris, c'est-à-dire d_é_puis hier soir, on m'en a déjà recommandé un, ajouta l'ancien bâtonnier on regardant du coin de l'œil Paul Cormier, qui le donnait mentalement à tous les diables.

Personne ne comprit l'allusion, si ce n'est celui qu'elle concernait et aussi le père Bardin qui en fut charmé.

La marquise avait entendu Paul lui dire, quelques instants auparavant, que Bardin rêvait de la marier à l'héritière languedocienne, mais elle n'y pensait déjà plus et elle se hâta de prendre la parole pour couper court aux projets des deux vieux avocats.

—Bernadette a choisi, messieurs, dit-elle simplement. Bernadette est fiancée à M. Jean de Mirande que M. Cormier vient de vous présenter.

—Vous badinez! s'écria Lestrigou.

Badiner! Madame de Ganges n'y songeait guère et dans la situation le mot était grotesque; mais les méridionaux le mettent à toutes sauces et Lestrigou l'avait dit si naturellement qu'il n'y avait pas lieu de se fâcher.

—Si vous en doutez, messieurs, reprit la marquise, interrogez M. de
Mirande.

Il était très troublé, Mirande, et il hésita avant de répondre:

—Quand j'ai demandé la main de mademoiselle, j'ignorais qu'elle avait des millions…