Relégué au second plan, Paul Cormier approuvait, mais le père Bardin ne s'associait pas à la satisfaction générale.

Il n'avait jamais porté Mirande dans son cœur et il trouvait souverainement injuste que ce batailleur couronnât sa carrière de mauvais sujet en épousant une archi-millionnaire qui aurait très bien pu faire le bonheur de Paul Cormier.

Il oubliait que ce mariage n'était qu'une réparation, et il ne se doutait pas que son protégé Paul avait d'autres visées.

—Alors, continua Roch, nous allons tous rentrer chez maman Jacqueline, j'en ai assez, moi, du Luxembourg.

—Il va bien, l_é_ p_é_tit! dit en riant Lestrigou.

La marquise saisit l'occasion de s'expliquer sur un point intéressant pour tout le monde.

—Messieurs, dit-elle, mon amie, Bernadette Lamalou, n'a jamais cessé d'habiter chez moi depuis que nous avons quitté le Languedoc. Elle et son fils y resteront jusqu'au jour où elle se mariera. En attendant, ma maison vous sera ouverte et je serai charmée de vous y voir.

L'invitation était collective. Paul crut lire dans les yeux de madame de Ganges qu'elle tenait à ce qu'il en profitât, et il se reprit à espérer que l'avenir le dédommagerait des pénibles épreuves par lesquelles il venait de passer.

—Tiens! cria tout à coup Roch qui ne restait jamais en repos bien longtemps, voilà Coussergues. Je vais lui dire bonjour.

Et il partit à toutes jambes pour aller joindre l'homme que Paul avait surpris, la veille au soir, en faction devant la maison de Mirande et qui, planté maintenant sous les arbres, à cinquante pas du groupe qui entourait la marquise, semblait monter la garde en attendant qu'on l'appelât.