Et la marquise lui fit signe de venir.

Il vint à pas comptés, ramenant l'enfant, et madame de Ganges le présenta sans qu'il desserrât les dents.

Elle ne l'avait appelé que pour l'interroger avant d'entamer une confession que Paul Cormier pressentait.

Aux brèves questions qu'elle lui adressa, M. Coussergues répondit brièvement et la marquise commença en s'adressant à Mirande:

—Monsieur, c'est moi qui ai tout fait. Je n'ai pas pu me résigner à laisser souffrir plus longtemps Bernadette. Nous ne pouvions, ni elle, ni moi, tenter une démarche directe… surtout après ce qui s'était passé dimanche entre vous et moi. Et Bernadette ne pouvait pas continuer à vivre comme elle vivait. Alors, j'ai eu une idée. J'ai toujours cru à la voix du sang… j'ai voulu faire un essai… je me suis dit que peut-être, si vous voyiez votre fils, votre cœur parlerait… je ne me trompais pas, puisque vous l'avez recueilli sans le connaître…

—C'est donc volontairement que, hier, vous l'avez laissé sur cette terrasse? interrompit Mirande.

—Contre l'avis et malgré les prières de sa mère, oui, monsieur. J'ai eu beaucoup de peine à décider Bernadette à partir et j'avais pris mes précautions pour qu'il ne mésarrivât pas à l'enfant. M. Coussergues veillait sur lui. Si vous n'aviez pas parlé à Roch, en passant, M. Coussergues l'aurait reconduit chez moi. Vous vous êtes intéressé à cet enfant, vous l'avez emmené. M. Coussergues vous a suivi. Il y aura bientôt vingt-quatre heures qu'il vous suit.

—Vous aviez donc deviné que je reviendrais aujourd'hui, au Luxembourg, puisque je vous y ai trouvée?

—Je savais, par M. Cormier, que vous y veniez tous les jours, et je supposais que vous rechercheriez la mère de l'enfant que vous aviez recueilli.

Si vous n'étiez pas venu, je serais allée moi-même le réclamer chez vous.