—Plus souvent mauvaise que bonne… pour moi, du moins, grommela M. de Servon. Mais nous perdons notre temps à bavarder… or, à sept heures et demie on viendra annoncer que Mme la baronne est servie et on nous mettra poliment à la porte. Donc, si vous m'en croyez, messieurs, nous profiterons sans plus tarder de l'aimable attention qu'a eue Mme Dozulé de nous faire dresser une table là-bas.

—Bon! pensa Paul Cormier que ses interlocuteurs renseignaient progressivement et involontairement; nous sommes ici chez la Baronne Dozulé. On ne voit pas le baron. Il faut croire qu'elle est veuve.

—Désirez-vous prendre la banque, Monsieur le marquis? lui demanda l'entêté vicomte qui tenait absolument à cartonner avant dîner.

Le baccarat lui tenait lieu d'apéritif.

—Du tout!… du tout!… s'empressa de répondre Paul, qui n'était pas même décidé à ponter.

—Alors, je vous remercie de me la laisser. Je ne fais que perdre depuis quinze jours et j'ai besoin de me refaire. Venez-vous, messieurs?

Personne ne répondit, mais tout le monde suivit et l'étudiant fit comme les autres.

L'autel avait été préparé par les soins de la prévoyante baronne Dozulé. Rien n'y manquait: ni les jeux de cartes paquetés, ni les jetons de différentes couleurs, destinés à servir de monnaie fiduciaire, au cas où les pontes voudraient jouer sur parole.

En un clin d'œil, les places furent prises autour de la table, et le vicomte, à qui personne ne disputait la banque, déclara tout d'abord que les fiches représenteraient un louis et les plaques rondes cent francs, attendu qu'il s'agissait d'une toute petite partie.

Paul, qui n'en avait jamais vu de si grosse, fut violemment tenté de se lever. Une fausse honte le retint et aussi le désir de se tenir loin du cercle féminin jusqu'au moment où madame de Ganges prendrait congé. Il comptait que pour jouer son rôle jusqu'au bout, elle n'oserait pas s'en aller sans son mari, qu'ils sortiraient ensemble et qu'une fois dehors, elle ne refuserait pas de lui expliquer ce qu'il ne comprenait pas.