Paul était sur les épines, car à ce signalement, il avait reconnu son ami Jean et il tremblait que Jean ne vînt déranger son colloque avec le vicomte et patauger à travers son marquisat de carton, comme un éléphant dans un magasin de porcelaines.

Mais Jean était sans doute occupé à abreuver dans la salle couverte ses invitées de chez Foyot, et M. de Servon continua ainsi:

Mes deux amis du club sont partis sur une autre piste. Je ne sais s'ils auront plus de chance que moi, mais je les attends ici et je serai bien heureux, monsieur le marquis, de vous les présenter.

Cela ne faisait pas du tout l'affaire de Paul Cormier qui balbutia:

—Je serais charmé, moi aussi, de connaître ces messieurs, mais…

—Eux, vous connaissent de réputation. Ils savent qu'après avoir mené la grande vie, vous avez abordé les affaires à l'âge où d'autres perdent encore leur temps au club et au foyer de la danse. Et les grandes affaires vous ont réussi, comme elles réussissent toujours aux hommes intelligents et hardis. Vous pouvez songer maintenant à jouir de vos succès… votre place est marquée dans notre monde parisien où jusqu'à présent vous vous êtes peu répandu, je crois.

—Oh! très peu! dit vivement Paul, enchanté du prétexte que lui fournissait le vicomte pour expliquer son ignorance des hommes de ce monde-là.

—J'ai bien vu, chez la baronne, que vous vous trouviez sur un terrain nouveau pour vous, reprit obligeamment le vicomte. Vous ne la connaissiez pas, je crois, cette chère baronne?

—Pas du tout, et elle m'a accueilli comme si j'étais de ses amis.

—Oh! c'est une excellente femme, et d'ailleurs elle est liée avec madame de Ganges que tout le monde aime et respecte.