Paul s'inclina par politesse, mais au fond, il n'était pas fâché d'apprendre qu'on respectait sa Jacqueline.
—Quand vous connaîtrez madame Dozulé, vous verrez qu'elle n'a pas sa pareille pour former un salon… car madame de Ganges, qui s'abstenait de recevoir pendant que vous étiez loin de Paris, va certainement ouvrir sa maison, l'hiver prochain. J'avoue que nous y comptons un peu… et ce serait vraiment dommage de ne pas utiliser votre bel hôtel de l'avenue Montaigne, qui semble avoir été construit tout exprès pour y donner des fêtes.
—Il paraît que j'ai un hôtel, avenue Montaigne, se dit Paul, c'est bon à savoir. Je ne serai plus embarrassé pour retrouver Jacqueline, si elle ne me donne pas de ses nouvelles.
—Voici mes amis du club, dit tout à coup M. de Servon. Ils reviennent bredouille, je crois… Mais non, ma foi!… ils sont suivis de près par deux jeunes personnes qui m'ont tout l'air d'avoir accepté un souper au café Anglais.
—Ça les changera… mais je me reprocherais de vous retenir…
—Oh! je serai de la fête… le temps de vous mettre en relations avec ces messieurs et je vous demanderai la permission de vous quitter. Voulez-vous seulement venir avec moi à leur rencontre?
Paul, qui voyait avec joie arriver le moment de la séparation, suivit le vicomte, qui l'amena en face des deux clubmen et procéda immédiatement aux présentations, en commençant par ses amis:
—Monsieur le comte de Carolles!… Monsieur Henri de Baffé!…
Puis, presque aussitôt:
—Monsieur le marquis de Ganges, reprit-il en élevant la voix, comme pour mieux marquer l'importance du personnage.