FRANC-NOHAIN
LE
Pays de l’Instar
PARIS
ÉDITIONS DE LA REVUE BLANCHE
23, BOULEVARD DES ITALIENS, 23
1901
LE PAYS DE L’INSTAR
Paris est Paris.
Il est inexact que le pays de l’Instar soit entouré d’une muraille, comme la Chine, et qu’une seule porte y donne accès, surmontée de cette inscription en lettres gothiques :
ENTRÉE DE L’INSTAR
En réalité, bien loin que le génie des hommes l’ait jalousement séparé des autres terres, ce pays ignore même les frontières naturelles : nul cours d’eau, nulle chaîne de montagnes qui le délimite : le pays de l’Instar n’a pas de situation géographique précise, et simplement peut-on affirmer qu’il est éminemment français.
Ainsi se distingue-t-il de la Province, avec qui l’on a tendance à le confondre mal à propos. La Province emprunte encore à ses paysages, à son climat, à ses origines, une couleur spéciale, des mœurs souvent particulières ; on pourra relever certaines différences de caractère, d’habitudes, de costume et de langue même, entre les autochtones de Rennes et les indigènes de Béziers ; et lorsque nous parlons de nos vaillantes populations de l’Est, cette épithète, Dieu merci, n’est pas encore vide de tout sens et périmée !