Ethnologiques ou climatériques, le naturel de l’Instar ne subit, lui, aucune de ces influences, il est le même à Béziers ou à Rennes, dans le centre, au nord, au midi ; de partout et de nulle part, indifférent à l’air qu’il respire, à la nature environnante aussi bien qu’à toutes manifestations d’un Art local, aucun site riant ou pittoresque ne chante en sa mémoire ; il n’a point gardé le souvenir d’un vieux château, couvert de lierres et de mousses, but choisi pour les promenades, ni de la statue branlante d’un saint familier, auquel, enfant, il eût demandé des pralines… Il semble d’ailleurs qu’il n’ait jamais été un petit enfant aux étonnements charmés, aux curiosités toujours éveillées, mais qu’il soit né tel, et tout d’une pièce, avec l’unique souci d’un avenir administratif : et en cela ne saurait-on l’appeler même un déraciné.
Le pays de l’Instar est un bloc ; il n’a pas d’histoire ; ses habitants n’ont pas de passé, et leur présent comme leur avenir se confondent en un seul rêve : — se rapprocher de Paris.
Nous n’aurons donc pas à nous préoccuper d’établir une géographie physique du pays de l’Instar, à étudier la formation du sol, le relief et l’hydrographie ; il n’est ici ni prairies ni vallons, ni rien de ce qui constitue les aspects de la nature ; ce pays est artificiel et sans campagnes : d’un mot, le pays de l’Instar est moins une expression géographique qu’une fiction administrative.
Le pays de l’Instar est formé essentiellement et exclusivement d’un certain nombre de groupements ou de centres, dont la composition se répète identique sur tous les points de son territoire.
Topographiquement on y relève :
La Préfecture ;
La Trésorerie générale ;
L’Hôtel de la subdivision militaire ;
La Succursale de la Banque de France ;
La Grande Rue (rue du Commerce ou de la République) ;