Veuillez agréer, Monsieur le député, l’hommage de votre dévoué serviteur,
Jolly, curé.
Monsieur Jambey du Carnage, Préfet, La Marche.
Ci-joint une lettre que je reçois au sujet de la cure de Monistrol. Qu’est-ce que c’est que toute cette histoire ? Et qu’est-ce que ce curé qui m’écrit ? Il m’a tout l’air d’un garçon assez débrouillard, mais je me défie des prêtres si malins, et surtout si dévoués : les abbés sont dévoués quand ils veulent être curés, les curés quand ils veulent être évêques, et les seuls évêques républicains sont ceux qui prétendent à l’archevêché ; d’ailleurs vous connaissez mes sentiments là-dessus ; agréez qui vous voudrez à Monistrol, je m’en désintéresse ; la seule chose à laquelle je tienne, et vous le savez aussi bien que moi, c’est que le curé ne nous embête pas et ne se mêle que de ce qui le regarde ; après cela, qu’il ait ses opinions, et qu’il ne vote pas pour moi, ça m’est égal ; mais qu’il dise sa messe, qu’il reste dans son église, et qu’il nous fiche la paix.
Sentiments dévoués,
Martin-Martin.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
PRÉFECTURE DU PLATEAU-CENTRAL
Cabinet du Préfet.
A Monsieur Martin-Martin, député,