En ce temps-là, on s’amusait beaucoup des quatrains comme celui-ci:

Où, ô Hugo! jucheras-tu ton nom?
Justice encor faite que ne t’a-t-on?
Quand donc, au corps qu’académique on nomme,
Grimperas-tu de roc en roc, rare homme?

C’était drôle... Pardonnons au vieux classique qui blasphémait de la sorte notre Hugo: sans doute il n’avait pas lu les Feuilles d’automne, et c’était peut-être un spectateur d’Angelo.

Jacques Boulenger.

PARIS ROMANTIQUE

I

L’ARGOT A LA MODE.—LES JEUNES GENS DE PARIS.—LA JEUNE FRANCE.—ROCOCO.—DÉCOUSU.

Je suppose que, chez tous les peuples et dans tous les temps, une certaine partie de ce que nous appelons argot s’insinue dans la conversation familière, et même ose quelquefois se faire entendre à la tribune et sur la scène. Mais il me semble que la France prend en ce moment de bien grandes libertés vis-à-vis de sa langue maternelle. D’ailleurs, pour traiter convenablement ce sujet, il faudrait être Française soi-même, et, de plus, érudite. Je me contente de noter sous toutes réserves, comme une chose qui m’a frappée, que cette innovation paraît s’accentuer visiblement.