— Oui, un danseur qui a connu mon cousin au régiment et qui m’en donnait des nouvelles.
— Est-ce que ton cousin n’est pas déserteur ?
— Une nuit, répondit-elle, il était en permission, il a aidé à passer des chevaux par Espelette. Une fois en Espagne, il n’est plus rentré à la caserne.
— Et le danseur, fit Manech ironique, est-ce qu’il n’a pas déserté avec lui ?
— Je vois que tu te moques d’un brave garçon ; pourquoi veux-tu qu’il ait déserté ?
— Parce qu’il est d’une race de fainéants et de sauteurs qui ne sauront jamais jouer à la pelote, d’une race de bohémiens.
Yuana, qui connaissait les bruits mis en circulation sur ses origines, sentit passer l’affront comme une gaule qui eût cinglé sa figure. Mais elle n’était point méchante, ni rancunière, ni colère. Elle répondit, les larmes aux yeux :
— Ah ! certes, je sais que je ne suis pas née à Garralda. Vous êtes l’une des plus anciennes maisons du pays, où il y a le plus d’honneur.