— Le vin d’Irouléguy est si fort ! Tu en as bien bu une bouteille…

— Tant mieux, répondait Manech, si l’ivresse du vin fait que j’ose te dire que je t’aime ?

— C’est l’an prochain que tu reviendras pour toujours, Manech ?

— Je reviendrai pour repartir.

— Comment dis-tu ?

— Je dis qu’avant de t’épouser il faut que je fasse fortune.


Cette dernière phrase ne blessa pas la jeune fille qui, cependant, depuis que venaient de se conclure leurs fiançailles, eût donné sa vie pour Manech. Quelle que fût la violence de son amour, qui avait couvé sous la cendre de son humble foyer, sans espoir de le faire jamais partager, et qui maintenant venait de s’épanouir comme une rose qui ne cache plus son cœur ni son parfum, Kattalin était déjà soumise au maître.


Elle resserra son étreinte, posa sa joue sur le berret aux lettres d’or et demanda :