Je leur dis que j'étais venu de Hasparren, visiter les ruines proches de leur ferme, ce dont ils ne s'étonnèrent point car elles éveillaient parfois la curiosité des promeneurs. Ils ne souffrirent point que j'allasse prendre mon repas à l'auberge et, avec cette simplicité habituelle à leur race, ils m'invitèrent chez eux.
La femme nous servit, après quoi leurs quatre petits garçons, qui se suivaient de tout près par l'âge, vinrent manger debout la soupe qu'on leur présenta dans une écuelle. Ils burent de l'eau dans un bol ébréché, puis s'en allèrent satisfaits. Sur deux chaises, l'un en face de l'autre, un aïeul et une aïeule somnolaient.
Je sortis pour aller contempler l'ancien château, mais plutôt pour évoquer le premier foyer eskuarien qui l'avait précédé de bien des siècles.
Les remparts tombent, mais la terre ne meurt pas. Aussi magnifique était peut-être cette campagne qu'aux jours premiers d'Iguskia et d'Ithargia.
Avant de regagner Hasparren, j'allai remercier mes hôtes. Ils étaient assis sous un noyer qu'on eût dit tout chargé de nuit fraîche. Ils se tenaient par la main avant que d'aller reprendre leurs faucilles. Une caille au loin appela.
Je ne fis part ni de mon rêve ni de mon excursion aux ruines d'Ayherre à Eliézer.
LE SIÈGE DE PAMPELUNE
Peu de jours après notre course a Ascain, je me retrouvai avec Eliézer chez son oncle dans ce vieux Bayonne si pittoresque où jadis aborda, au retour des Indes occidentales, l'une des caravelles de Christophe Colomb.
Pays de Robinsons, d'explorateurs, de pêcheurs, de corsaires, que n'as-tu ajouté cette devise à ton blason, lue sur un vieux pot anglais : « Les aventures sont pour les aventureux. »
J'attendais avec une certaine impatience la suite, à laquelle j'avais été convié, de la légende basque.