Quand l'Empereur eut tourné sa barbe vers l'Orient, il vint dessus elle un parfum si délicieux qu'il demanda au duc Naimes :
— D'où vient-il?
Et Naimes :
— C'est quand la fiancée de votre neveu Roland se lève que l'aurore a ce parfum de fleur.
Et l'un des barons à l'Empereur :
— N'oubliez pas, sire, que c'est aujourd'hui liesse dans le bois des Aldudes et qu'avant de gagner l'Espagne pour combattre les Sarrazins, Roland veut vous présenter Alba afin que vous bénissiez leurs fiançailles.
— Seigneurs barons, dit Charlemagne, tenez-vous prêts à honorer celle qu'un si aimable comte a choisie dans ce pays.
L'armée se mit sur deux rangs, afin de former la haie, car, déjà, tenant par la main Roland, Alba la Basquaise descendait la montagne des Aldudes dont les sources tumultueuses éparpillaient, au bas, leurs neiges libérées.
La traîne d'Alba était retenue par un nain mauresque, noir comme le diable, et que l'on affirmait être né du commerce d'Apollon avec une Chananéenne.
C'est Olivier qui s'est saisi, dans la forêt, de ce singe grimaçant, l'a offert à son ami Roland qui en a fait don à Alba.